L'HOMME ET LA SANTE
"Les entretiens de Saïgon", extrait de l'enseignement du docteur TRUONG Thin recueilli par Daniel LAURENT
La médecine conventionnelle dite « occidentale » et la médecine traditionnelle sont toutes les deux basées sur l'humanisme, doctrine qui met la personne humaine au centre de ses préoccupations.
Humanisme parce que le but ultime de la médecine est bien l'homme. Et si pour quelques uns la pratique médicale est un moyen de pouvoir sur l'homme, la plupart des médecins ont le bien-être de l'homme comme préoccupation première.
Certains vont plus loin dans leur désir de centrer la médecine sur l'homme et affirment que chacun est son propre médecin. C?est le courant hygiéniste en Occident connu par les travaux de Shelton aux USA et Mosseri en France. Pour les tenants de cet humanisme, observer l'animal (mais pas en laboratoire !) doit déjà nous instruire. Assistez simplement à la mise bas d'une chatte, et vous constaterez qu'elle est une véritable obstétricienne compétente ! Bref, ici chaque personne est considérée comme son unique et véritable laboratoire, géant par la production, miniaturisé par l'espace occupé, produisant ses propres endo-médicaments, même pour les maladies réputées difficiles à traiter. L'homme est donc non seulement son propre médecin, mais en plus il est source de ses propres médicaments. Ces médicaments du corps, ces endo-médicaments existent depuis le début de la présence de l'homme.
Pour les tenants purs et durs de la théorie hygiéniste, le principe d'intervention médicale, qu'il s?agisse de médecine conventionnelle ou de médecine naturelle, est en soi une ineptie. Il n'y a rien d'autre à faire que de laisser agir la nature. Jeûne, repos, grand air, alimentation saine, hygiène générale, exercices et cetera sont suffisants au maintien et au retour à la santé.
La limite de la théorie hygiéniste est éthique : ce serait accepter une farouche sélection naturelle, ne rien entreprendre chirurgicalement, laisser souffrir « en attendant que le corps se débrouille », bref une attitude inimaginable à l'homme civilisé. Son intérêt par contre est de nous rappeler l'importance des ressources naturelles de la personne, et nous encourager à les respecter.
Ne soyons donc point extrémistes. La nature nous donne la source des véritables médicaments. C'est vrai qu?aujourd?hui on fabrique beaucoup de médicaments. On en change aussi souvent ? Tandis que ceux de la nature ont une longévité de millions d'années !
Certes la science médicale moderne depuis une centaine d'année a commencé à comprendre la nature, la structure et la valeur intrinsèque des endo-médicaments. Elle les imite ensuite en synthétisant, produisant des médicaments artificiels, des exo- médicaments: cortisone, testostérone, ?strogène, progestérone, adrénaline, insuline, thyroxine, endorphines et cetera. Ils paraissent semblables, mais ils ne le sont pas puisqu'ils produisent de nombreux effets secondaires. C'est tout simplement que les médicaments fabriqués sont inorganiques, tandis que les endo-médicaments sont organiques. Cette notion est difficile à accepter pour le chimiste qui ne fait pas la différence entre la vitamine de synthèse et la vitamine naturelle.
Sans oublier aussi que la science médicale moderne copie certes, mais pas à pas, sans réelle vue d'ensemble. Elle est comme la tortue qui découvre salade après salade, sans avoir connaissance de l'étendue du jardin où elle se trouve. Aujourd'hui, on considère que l'homme est source d'antibiotiques (en l'occurrence il faudrait plutôt dire « pro biotiques ») par ses ressources immunitaires, qu'il vit en symbiose avec des bactéries utiles à la fabrication de vitamines, et que les bactéries doivent cesser d'être perçues comme les ennemis absolus. Demain les virus eux-mêmes seront, peut-être considérés comme des organites cellulaires seulement dangereux dans des cas de baisse immunitaire, et de toute façon utiles pour l'élimination des toxines ? Quoi qu'il en soit, nous pouvons affirmer que chacune des billions de cellules vivantes possède les connaissances millénaires de la vie. C'est autre chose que les connaissances récentes accumulées depuis quelques dizaines d'années par les meilleurs professeurs d'université. De ce point de vue nous pouvons être d'accord avec les hygiénistes.
Malgré toute ressemblance de formule, nous devons donc bien distinguer entre
- d'une part les endo- médicaments
- et d'autre part les exo- médicaments.
De cette distinction naissent deux écoles de médecine.
- la médecine des endo -médicaments est la médecine naturelle
- la médecine des exo- médicaments est la médecine chimique.
La médecine naturelle basée sur les endo- médicaments a pour but d'éveiller et stimuler le corps pour que celui-ci fabrique correctement (en qualité et quantité) ses propres endo- médicaments.
Tandis que la médecine chimique veut suppléer l'homme et la nature et fournit les exo- médicaments.
Malheureusement, agissant ainsi, le corps devient de plus en plus faible.
Pourtant les exo- médicaments sont parfois nécessaires, particulièrement lorsque l'organisme perd complètement sa capacité à fabriquer l'un des endo- médicaments. C'est ce qui arrive lorsque les îlots de Langherhaans du pancréas sont détruits, ou après l'ablation de la thyroïde. Pour compenser, il faut alors une béquille.
Certes, si la perte de la capacité définitive à un endo- médicament est conséquente à une absence ou à de mauvais conseils de santé, ou à des traitements inappropriés, il faut s'interroger sur les dangers d'une telle pratique médicale. Mais un autre point de vue est aussi à considérer, et non des moindres : il existe des cas congénitaux, des cas accidentels, des blocages métaboliques qui empêchent la production d'un endo- médicament. C?est alors le rôle de la médecine interventionniste d'y suppléer. C?est là particulièrement la valeur de la médecine moderne, et c'est aussi de l'humanisme !
Il n'empêche que nous devons toujours rester vigilants, et par principe nous interroger sur les causes de ces absences de fabrication d?endo- médicaments, et voir s?'l ne serait pas possible dans bien des cas de ne pas recourir systématiquement à la définitive dépendance à un exo- médicament.
Et nous ne devons pas non plus négliger comme facteurs de maladie les désynchronisations physiologiques dues aux pollutions diverses (atmosphériques, magnétiques, psychiques et cetera), à une alimentation carencée, excessive ou mal conduite, au non respect d'une loi vitale ou d'un facteur naturel de santé. Nous devons aussi reconsidérer notre vision des bactéries et des virus et cesser de les considérer comme source quasi unique de tous nos maux nous souvenant que c'est le terrain qui induit leur pathologie. La médecine rejoint là le social et même le politique dans la mesure où la politique est l'art de gouverner (c?est-à-dire de prévoir), et que nombre de ces pollutions résultent de la cécité de gouvernants plus axé sur le pouvoir que sur l'intérêt réel des populations qu'ils sont censés servir.
Libellés : acupuncture, formation, médecine traditionnelle chinoise, psychologie, psychosomatique orientale
LA PSYCHOSOMATIQUE ORIENTALE suite ...
Par Jean-Marie LEPELTIER
FONDEMENTS D'UNE PSYCHOSOMATIQUE BASEE SUR LES DONNEES DE LA MEDECINE CHINOISE TRADITIONNELLE
Le constat
- D'une part la psychologie clinique institutionnelle, dans sa pratique de diagnostic de traitement se heurte aux problèmes psychologiques dont l'expression majeure est d?ordre organique.
- D'autre part dans ses traitements, la médecine conventionnelle se limite trop souvent aux seuls effets organiques dont la cause est d?ordre psychologiques (cf les écrits du très médiatique Dr David Servan-Schreiber).
- Si la psychosomatique classique a des difficultés à démêler dans ses pratiques les rapports « corps-esprit », la psychosomatique orientale, telle qu'elle s?est développée à partir des textes anciens, s'annonce comme une alternative à ces impasses.
L'explication
La psychosomatique orientale est une pratique qui est aux antipodes de la médecine conventionnelle actuelle. Elle consiste en effet à intervenir dans le cours d'un flux énergétique qui d'après la plupart des traditions orientales, circule en réseau, principalement à la surface des organismes vivants. Les chinois appellent cette énergie vitale « qi » (prononcer tchi), les hindous l'appellent « prana ». (Au passage, cela fait plus de la moitié de l'humanité).
Si ce flux énergétique circule bien au travers de l'organisme et donc dans le soma, il n'est pas lui-même d'ordre organique. Pour comprendre cela une comparaison s'impose : de même le courant électrique est d'une nature foncièrement différente du fil qui le conduit. Le fil électrique n'est pas en lui-même de l'électricité. Nous comprenons bien ainsi que le flux dont il est question n'est nullement organique. Quelle est donc sa nature ?
C'est le préfixe « psycho » du terme psychosomatique qui nous l'indique. Ce préfixe vient en effet du grec « psuché » dont le sens premier ne signifie pas « esprit » ou « âme » comme on le pense souvent à tort, mais « souffle, flux vital, énergie vitale».
La psychosomatique basée sur les données de la médecine chinoise traditionnelle, que l'on peut nommer psychosomatique orientale, consiste donc à intervenir dans le cours de la circulation de ce flux vital. Comment se fait la dite intervention ?
- par un toucher ou une pression digitale
- ou par une excitation strictement cutanée à l'aide d'une très courte et très fine aiguille.
L'aiguille dont il est ici question ne doit en aucun cas toucher un dispositif organique tel qu'une terminaison nerveuse, encore moins un vaisseau sanguin fut-il artériel ou veineux.
Cet impact cutané se fait donc en des points précis où l'épiderme cache à nos yeux les vides qui séparent os, nerfs, artères, veines, voire tissus conjonctifs.
Ce vide ponctuel est précisément un espace où s'accumule naturellement l?énergie vitale qui circule tout le long du corps ; comme l'eau d'un ruisseau qui s'accumule dans une excavation située sur le fond de son lit. Cette énergie vitale peut donc être en stricte étymologie appelée « psychique ».
Il y a bien dans l'histoire de la médecine occidentale un courant qui se disait vitaliste en se référant implicitement à ce flux énergétique appelé d'ailleurs énergie vitale. Mais ce courant a depuis la fin du 19ème siècle complètement disparu, considéré comme obsolète, pour laisser place à une conception totalement organique du fonctionnement physiologique. Ainsi, l'existence de ce flux vital est depuis plus d'un siècle considéré en Occident comme une pure croyance. Il n'empêche que l'apport de l'Asie a été d?avoir su localiser avec une précision extrême ces endroits cutanés, indicateurs sous l'épiderme d'une vacuité organique.
Toute la problématique est de croire ou non à la réalité de ce flux énergétique, sachant que toute la science physico-chimique actuelle, et partant la médecine scientifique, nie totalement sa réalité.
- Si on y croit, l'excitation cutanée, avec ou sans aiguille, des points cités, relève donc d'une opération qui étymologiquement parlant est d'ordre psychique (psuché). Et il se trouve que la plupart des consultants disent après coup se sentir mieux « dans leur peau », une amélioration qui a toutes les allures d'être d?ordre psychique plutôt qu'organique.
- Si l'on y croit pas, cette intervention cutanée, auréolée d'un exotisme évident, s'apparente au placebo. C'est d'ailleurs la conviction d'une grande partie du corps médical (référence www.charlatan.com).
- Dans les deux cas, de toute façon, nous sommes loin, très loin, d'une intervention organique et plus près du travail du psychologue clinicien. Alors, comment la justice française peut-elle sans risquer le ridicule décider que l'utilisation des aiguilles en psychosomatique orientale n'est pas autorisée à une personne n'étant pas médecin ?
Curieusement la pratique du tatouage qui consiste à percer la peau (jusqu'au sang tout de même) et à instiller des encres, dans un but esthétique, n'est pas considérée comme pouvant provoquer des réactions organiques.
Ne serait-ce pas une preuve par la pratique commune et acceptée, qu'une action en superficie sur la peau, ne relève nullement d'un impact organique ?
Libellés : acupuncture, formation, médecine traditionnelle chinoise, psychologie, psychosomatique orientale
SYNCRETISME OU SYNTHESE EN ACUPUNCTURE ?

Peut-on mélanger les données de deux traditions ? Par exemple la tradition chinoise et la tradition indienne.
Peut-on expliquer un point obscur d'un système par un autre ? Par exemple un aspect de la médecine chinoise traditionnelle par la médecine occidentale.
Peut-on corriger un système en référence à un autre ? Par exemple supposer que le trajet d'un méridien ne passe pas là où il est donné par les textes traditionnels, mais ailleurs, en fonction de recherches actuelles.
Quelle différence entre le syncrétisme et l'esprit de sysnthèse ?
Je me propose de traiter de toutes ces questions dans ce Blog, mais pour ce faire, je souhaite avoir votre point de vue.
Rendez-moi service, dîtes moi comment vous voyez les choses en mécrivant. Je vous donnerai la parole tout en donnant mon avis.
daniel@daniel-laurent.com
A bientôt
Daniel LAURENT
Libellés : acupuncture, formation, tradition
APPRENDRE L'ACUPUNCTURE TRADITIONNELLE

Je n'insisterai jamais assez sur l'importance de la pédagogie dans la formation en médecine traditionnelle chinoise, principalement en acupuncture des cinq éléments.
Certes il y a beaucoup à apprendre. Comme dans tout cycle d'études, une somme de données est à comprendre, classer, retenir et mettre en relation avec d'autres apprentissages et d'autres vécus. Mais ce qui est caractéristique ici, c'est la nécessité incontournable d'une pratique de la localisation des points cutanés, de la prise des pouls et autres outils diagnostiques, du juste maniement de Zhen Jiu (aiguilles diverses, pénétrantes ou non, moxas, digitopression), de la capacité relationnelle, de toutes ces expériences concrètes qui nourrissent le talent du tradipraticien.
Quelqu'un me demandait récemment : « quelle est la différence entre le programme d'étude que vous proposez, et celui des autres écoles d'acupuncture »? La réponse qui me vint spontanément fut celle-ci. « Je crois que les données sont globalement identiques. On n'invente rien en acupuncture. La seule plus-value que l'on ajoute se trouve dans la pédagogie de transmission. Voyez-vous, la tradition chante en moi, et c'est ce chant qui fait la spécificité de mon enseignement. C'est pour cela que je peux m'adresser aussi bien aux médecins, infirmiers, kinésithérapeutes déjà au fait de gestes de soin concrets, qu'aux psychologues plus versés dans le savoir être, et les réunir autour d'un concept nouveau que l'on peut appeler la psychosomatique orientale ».
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