Psychologie et Accuponcture Traditionnelle Asiatique
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Daniel Laurent            
28.2.08
 
L'HOMME ET LA SANTE
"Les entretiens de Saïgon", extrait de l'enseignement du docteur TRUONG Thin recueilli par Daniel LAURENT

La médecine conventionnelle dite « occidentale » et la médecine traditionnelle sont toutes les deux basées sur l'humanisme, doctrine qui met la personne humaine au centre de ses préoccupations.
Humanisme parce que le but ultime de la médecine est bien l'homme. Et si pour quelques uns la pratique médicale est un moyen de pouvoir sur l'homme, la plupart des médecins ont le bien-être de l'homme comme préoccupation première.
Certains vont plus loin dans leur désir de centrer la médecine sur l'homme et affirment que chacun est son propre médecin. C?est le courant hygiéniste en Occident connu par les travaux de Shelton aux USA et Mosseri en France. Pour les tenants de cet humanisme, observer l'animal (mais pas en laboratoire !) doit déjà nous instruire. Assistez simplement à la mise bas d'une chatte, et vous constaterez qu'elle est une véritable obstétricienne compétente ! Bref, ici chaque personne est considérée comme son unique et véritable laboratoire, géant par la production, miniaturisé par l'espace occupé, produisant ses propres endo-médicaments, même pour les maladies réputées difficiles à traiter. L'homme est donc non seulement son propre médecin, mais en plus il est source de ses propres médicaments. Ces médicaments du corps, ces endo-médicaments existent depuis le début de la présence de l'homme.
Pour les tenants purs et durs de la théorie hygiéniste, le principe d'intervention médicale, qu'il s?agisse de médecine conventionnelle ou de médecine naturelle, est en soi une ineptie. Il n'y a rien d'autre à faire que de laisser agir la nature. Jeûne, repos, grand air, alimentation saine, hygiène générale, exercices et cetera sont suffisants au maintien et au retour à la santé.
La limite de la théorie hygiéniste est éthique : ce serait accepter une farouche sélection naturelle, ne rien entreprendre chirurgicalement, laisser souffrir « en attendant que le corps se débrouille », bref une attitude inimaginable à l'homme civilisé. Son intérêt par contre est de nous rappeler l'importance des ressources naturelles de la personne, et nous encourager à les respecter.
Ne soyons donc point extrémistes. La nature nous donne la source des véritables médicaments. C'est vrai qu?aujourd?hui on fabrique beaucoup de médicaments. On en change aussi souvent ? Tandis que ceux de la nature ont une longévité de millions d'années !
Certes la science médicale moderne depuis une centaine d'année a commencé à comprendre la nature, la structure et la valeur intrinsèque des endo-médicaments. Elle les imite ensuite en synthétisant, produisant des médicaments artificiels, des exo- médicaments: cortisone, testostérone, ?strogène, progestérone, adrénaline, insuline, thyroxine, endorphines et cetera. Ils paraissent semblables, mais ils ne le sont pas puisqu'ils produisent de nombreux effets secondaires. C'est tout simplement que les médicaments fabriqués sont inorganiques, tandis que les endo-médicaments sont organiques. Cette notion est difficile à accepter pour le chimiste qui ne fait pas la différence entre la vitamine de synthèse et la vitamine naturelle.
Sans oublier aussi que la science médicale moderne copie certes, mais pas à pas, sans réelle vue d'ensemble. Elle est comme la tortue qui découvre salade après salade, sans avoir connaissance de l'étendue du jardin où elle se trouve. Aujourd'hui, on considère que l'homme est source d'antibiotiques (en l'occurrence il faudrait plutôt dire « pro biotiques ») par ses ressources immunitaires, qu'il vit en symbiose avec des bactéries utiles à la fabrication de vitamines, et que les bactéries doivent cesser d'être perçues comme les ennemis absolus. Demain les virus eux-mêmes seront, peut-être considérés comme des organites cellulaires seulement dangereux dans des cas de baisse immunitaire, et de toute façon utiles pour l'élimination des toxines ? Quoi qu'il en soit, nous pouvons affirmer que chacune des billions de cellules vivantes possède les connaissances millénaires de la vie. C'est autre chose que les connaissances récentes accumulées depuis quelques dizaines d'années par les meilleurs professeurs d'université. De ce point de vue nous pouvons être d'accord avec les hygiénistes.
Malgré toute ressemblance de formule, nous devons donc bien distinguer entre
- d'une part les endo- médicaments
- et d'autre part les exo- médicaments.
De cette distinction naissent deux écoles de médecine.
- la médecine des endo -médicaments est la médecine naturelle
- la médecine des exo- médicaments est la médecine chimique.
La médecine naturelle basée sur les endo- médicaments a pour but d'éveiller et stimuler le corps pour que celui-ci fabrique correctement (en qualité et quantité) ses propres endo- médicaments.
Tandis que la médecine chimique veut suppléer l'homme et la nature et fournit les exo- médicaments.
Malheureusement, agissant ainsi, le corps devient de plus en plus faible.
Pourtant les exo- médicaments sont parfois nécessaires, particulièrement lorsque l'organisme perd complètement sa capacité à fabriquer l'un des endo- médicaments. C'est ce qui arrive lorsque les îlots de Langherhaans du pancréas sont détruits, ou après l'ablation de la thyroïde. Pour compenser, il faut alors une béquille.
Certes, si la perte de la capacité définitive à un endo- médicament est conséquente à une absence ou à de mauvais conseils de santé, ou à des traitements inappropriés, il faut s'interroger sur les dangers d'une telle pratique médicale. Mais un autre point de vue est aussi à considérer, et non des moindres : il existe des cas congénitaux, des cas accidentels, des blocages métaboliques qui empêchent la production d'un endo- médicament. C?est alors le rôle de la médecine interventionniste d'y suppléer. C?est là particulièrement la valeur de la médecine moderne, et c'est aussi de l'humanisme !
Il n'empêche que nous devons toujours rester vigilants, et par principe nous interroger sur les causes de ces absences de fabrication d?endo- médicaments, et voir s?'l ne serait pas possible dans bien des cas de ne pas recourir systématiquement à la définitive dépendance à un exo- médicament.
Et nous ne devons pas non plus négliger comme facteurs de maladie les désynchronisations physiologiques dues aux pollutions diverses (atmosphériques, magnétiques, psychiques et cetera), à une alimentation carencée, excessive ou mal conduite, au non respect d'une loi vitale ou d'un facteur naturel de santé. Nous devons aussi reconsidérer notre vision des bactéries et des virus et cesser de les considérer comme source quasi unique de tous nos maux nous souvenant que c'est le terrain qui induit leur pathologie. La médecine rejoint là le social et même le politique dans la mesure où la politique est l'art de gouverner (c?est-à-dire de prévoir), et que nombre de ces pollutions résultent de la cécité de gouvernants plus axé sur le pouvoir que sur l'intérêt réel des populations qu'ils sont censés servir.

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